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A la différence des chercheurs qui se sont penchés sur ces documents, nous étions armés de notre connaissance du patois flamand encore en vigueur à ce jour dans la
campagne brabançonne : le bruxellois ("brusseleir") qui est notre langue maternelle et que nous avons pratiqué , comme seul langage véhiculaire, jusqu'à l'âge de 6 ans. Cette connaissance nous a
permis de déchiffrer la plus grande partie des deux copies anciennes.
Ces deux copies sont les seuls témoignages connus à l'heure actuelle de l'écriture syldave ancienne. Voici une reproduction de ces deux documents :

Copie manuscrit XIV° siècle , version 1947
Transcription lisible de ce texte :
Pir Ottokar kzommetz pakkeh:
dûs pollsz o lapzâda könikstz
ez könikstz itd o alpû kloppz:
dan tronn eszt pho Staszrvitchz erom
mâ Czeillâ czäi: szûbel ö.Dâzsbick
dâ ön eltcâr alpû fälta öpp o cârrö.
Remarques :
Les textes ci-dessus sont des copies d'un original disparu. Il est important de savoir que le syldave ancien (pratiqué au XIV° siècle) était surtout un langage parlé, que quelques
moines plus ou moins érudits ont tenté de transcrire en un langage compréhensible ( à l'époque). Par ailleurs, différents indices permettent de penser que la
re-copie plus récente a, elle-même, été entachée de quelques erreurs de transcriptions.
Il n'est , dès lors, pas étonnant que ces textes soient difficiles à comprendre à notre époque.
Pir Ottokar : ( Pir = Messire, Sire, Seigneur) ,
dûs = forme ancienne familière signifiant tu, comme le "du" allemand
dûs ez = tu es (Actuellement on dirait "ge zaaït", la forme ancienne ayant complètement disparu.)
pollsz = erreur de transcription de l'ancien follsz devenu fallz = faux, félon
könikstz = forme archaïque de konig = roi
Den tronn eszt pho mâ : Forme ancienne toujours mais évidente : Le trône est pour moi !
Czeillâ csäi pour " Zuïle (zaaïle) zaaï " = Eux (ils) disaient
dâ devenu dän =alors
on eltcär pour "on eltkar" = à l'un l'autre, à chacun
alpû : chef (tête) ; l'expression ancienne "on eltcär alpû " = entre quatre yeux, face à face ( à chacune tête) Dans le texte il semble y avoir
alpû et akpû : c'est évidemment une erreur de transcription , il s'agit bien sur de alpû .
Kzommetz impératif de kzommen = venir.
pakkeh pour pakken = prendre
Kzommetz pakkeh serait aujourd'hui Komz itd pakken . Kzommetz est une forme ancienne de contraction. = Viens le prendre (le neutre)
O = Oh
Lapzâda kônikstz: Forme ancienne et abrégée de "Lap ! za dzan konig" Expression familière courante , encore utilisée de nos jours, par exemple dans l'expression
da"Lap za dan peï , en deï meï lag doe " = "Vlan ! dit ce type et cette femme était étendue au sol " pour montrer la soudaineté de la chute après le
coup.
Itd = il (neutre) mis pour eïh (masculin) Confusion des genres assez fréquentes à l'époque.
ô alpû kloppz : sur la tête frappe
Staszrvitchz : Nom de l'adversaire du roi.
erom forme abrégée ancienne de erometz = avec ( devenu ermetz puis rmè et enfin mè)
szubel (comme zoebel en bruxellois) = sabre mais aussi et surtout ici : sceptre .
ö : renforce inutilement le o de o alpû kloppz ...
Dazsbick contraction de dazs bick = ce type ( familier comme "ce mec") confusion de genres : Dasz est la forme neutre alors que
bick est masculin .
fâllta : pour fallte = tombait (3° pers sing imparfait de fallen)
ôpp o cârro = au sol, sur le carreau ( Il n'est pas impossible que cette expression soit une réminiscence de l'expression française... rester sur le carreau...)
La traduction de la copie du manuscrit, version 1947, est donc clairement:
" Messire Ottokar, tu es faux (félon) roi, le trône est pour moi . Les deux se défièrent donc ( se dirent donc face à face) : viens le prendre !
Oh Vlan ! dit le roi et il frappa sur la tête de Stazrvitchz avec le sceptre. Ce type (péjoratif) s'écroula au sol !"
Le texte de l'autre version, en fait la plus ancienne dans sa version de 1939 , est le suivant :
Pir cegan
caillouz ( = zuile ?)
rgmopz
aowrdzl
(il s'agit bien de aowdzl et non aouidzl, comme
avancé par certaines sources)
L'analyse de plus de 150 combinaisons de lettres de ces deux mots (en bleu) ne donne rien de mieux que
opaz = attention
birûzn
( il ne peut évidemment s'agir de baron ! Mais le b pouvant être un v mal transcrit donne vi unzen = à (pour) notre
konigzx ü szrigt
daon tron es fou maat
waz
scegde
xzrlielecoegNrûf
( Pas de coe -vache en néerlandais- là dedans , mais le mot lieleco pour lieleke = vilain !)
inzshakasturxz
(Sur 2 mots et 2 lignes : eg-ruf-in ) (ensuite l'expression venant du français "Chaque à s'tour")
atrecomurr
tur
sblsalcomuder
en nsocödrugt
(phonétiquement on peut comprendre com, ur tur zal com uder = viens, ton tour viendra (arrive) ... puis en so ze drugt = et ainsi il(elle) menace.)
lapzs
zrazdzeuk
zöcsnig u zgafse
nezclörp op de pr
etendzantec z (clairement pretendant)
dazsbic omzcar
(Sur le carreau , si on se rapproche de l'autre version, mais peut aussi correspondre à l'actuel "omvêr" = retourné,
abattu
Nous avons incorporé nos notes dans ce texte très altéré et confus par les lettres et mots complètement mélangés par un scribe distrait ou ignare. A peu près
reconstruit en procédant par analyse phonique, le texte donne donc .
Pir ceg an zuile opaz vi
ûzn
konig en szrît den tron es fou ma
wasz cegde
lieleke
egrufin shak as tur
com ur tur sal com uder
en so ce drugt
lap za dze konig u gaf se ne
clop opde pretendant dasz bic om
car
Ce texte modifié peut se traduire approximativement par :
(Le) seigneur (Sire) dit à eux attention à notre roi et crie le trône est pour moi
Que
dis-tu vilain aigrefin ? Chacun son tour ! Viens ton tour viendra aussi
et ainsi elle (confusion des genres : IL) porte ( il menace)
Vlan dit le roi et il donna un coup sur le prétendant
Le type renversé à terre
Les parties de texte en rouge sont traduites avec certitude. Le reste est affaire de
déduction.
Ces textes anciens, mal recopiés et faisant référence à une langue parlée ancienne ne correpondent évidemment plus du tout au syldave actuel et ne peuvent pas servir à l'étude du syldave actuel.
Voir à ce sujet notre étude en cliquant ici.